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Le Monde de Suzie Wong
Inspirée du roman éponyme de Richard Mason (1957) qui se situe dans le quartier de Wan Chai à Hong Kong dans les années 1950, les photographies de cette galerie transposent cet univers iconique de Hong Kong en 2019 dans un mélange de chaos urbain, de commerce quotidien et d’humanité ordinaire, où les contrastes entre tradition chinoise, influences occidentales, vie nocturne effervescente et réalités sociales d’une époque post-coloniale restent présentes.
« Le Monde de Suzie Wong » est une série de photographies de rue en noir et blanc qui plongent le spectateur dans les artères vivantes de Hong Kong, une métropole où l’ancien et le moderne cohabitent en un ballet incessant. À travers ces images, j’ai voulu hommage à l’esprit du roman original – une histoire d’amour et de survie dans un quartier marqué par la prostitution, l’art et les échanges culturels – tout en actualisant cette vision. Les photos, prises dans des marchés animés, des rues bondées et des échoppes modestes, dépeignent non pas un monde exotique idéalisé, mais une réalité crue et poétique : des gens ordinaires absorbés par leur quotidien, entourés de signes chinois, de produits frais et de flux humains. Le choix du noir et blanc accentue le caractère intemporel, évoquant les films noirs des années 1960 tout en soulignant les textures urbaines – pavés usés, enseignes lumineuses, visages marqués par le temps. Cette série invite à une réflexion sur l’évolution de Hong Kong : d’un port colonial à une mégapole globale, où la « Suzie Wong » symbolique pourrait être n’importe laquelle de ces femmes anonymes croisées dans la foule.
Les compositions sont dynamiques, souvent cadrées en plans moyens ou larges pour capturer le mouvement collectif, avec un focus sur les interactions humaines subtiles : un regard échangé, une main tendue, un moment de pause au milieu du tumulte. L’absence de couleur renforce l’aspect documentaire, transformant ces scènes en témoignages universels sur la résilience urbaine.
Paris sous la neige
Ce n’est pas le Paris de carte postale. Ce n’est pas la « Ville Lumière » qui scintille pour les touristes. Ce début janvier, sous une tempête de neige inattendue, Paris est devenue une estampe japonaise brutale, un territoire de contraste pur où l’esthétique Are-Bure-Boke a trouvé son terrain de jeu idéal.
Quand la neige tombe sur Paris, elle a d’habitude cette vertu d’adoucir les angles, de feutrer les sons. Mais à travers l’objectif, ce jour-là, j’ai cherché l’inverse. J’ai cherché le grain (Are), le flou (Bure) et la matière floue (Boke) . J’ai voulu capturer non pas la beauté du flocon, mais la morsure du froid et la solitude graphique qu’il impose.
En Le ciel n’est plus un vide, il est une matière blanche, dense, granuleuse, qui écrase les silhouettes. La ville s’est transformée en un dessin à l’encre de Chine : « Suie et Craie ».
Sur les ponts, les structures métalliques ne sont plus que des squelettes noirs se détachant sur le néant blanc. Le paysage urbain perd sa profondeur pour devenir une surface plane, agressive et fascinante.
Dans les parcs, les promeneurs deviennent des ombres anonymes. Le grain de l’image se mélange aux flocons qui tombent, créant une texture unique. On ne regarde pas une photo lisse, on regarde une matière vivante. C’est une photographie tactile. On peut presque sentir le crissement des pas sur le sol gelé et le grésillement de l’air.
Ce portfolio de janvier n’est pas un reportage météo. C’est une exploration graphique. C’est la preuve que même une ville aussi photographiée que Paris peut encore révéler une part d’ombre et de mystère, pour peu qu’on accepte de la regarder à travers le prisme du chaos, du grain et du flou.
Paris n’était pas blanche ce jour-là. Elle était Are-Bure-Boke.
My Vogue
Une série photographique qui regarde la mode comme on regarde un fantôme.
Ici, les silhouettes ne défilent plus : elles flottent. Elles traversent les tissus, les murs, les saisons, comme si le vêtement n’était plus une seconde peau mais une mémoire translucide. Chaque image est une superposition, un palimpseste où le corps présent dialogue avec son propre souvenir, où l’élégance d’aujourd’hui se dissout dans l’ombre de celle d’hier.
My Vogue n’est pas seulement une référence à Vogue ; c’est l’idée d’un héritage qui se transmet en s’effaçant. Les robes couture, les tailleurs impeccables, les accessoires iconiques sont là, mais rendus légers, presque liquides, comme si la mode elle-même doutait de sa propre matérialité. Ce qui reste, c’est la posture, le regard, la ligne d’une épaule – tout ce qui survit quand le temps a fini son œuvre.
Entre street style et apparition, entre réalité et rémanence, My Vogue capture l’instant où la mode devient mythologie personnelle : un héritée, réinventée, déjà en train de disparaître.
Une ode mélancolique et magnétique à celles qui portent le passé sur leurs épaules, tout en marchant résolument vers l’avenir. Un vestiaire hanté, infiniment vivant.
Fluxus Natura
Dans l’ombre dansante des forêts oubliées, la série Fluxus Natura invite à une immersion sensorielle où le temps se dissout et la nature se révèle en perpétuel mouvement. À travers ces photographies abstraites, capturées avec un flou intentionnel qui transforme le banal en poésie visuelle, l’artiste explore les flux invisibles de la vie : feuilles rouges qui cascadent comme des souvenirs effacés, palmiers verts qui ondulent tel un souffle vital, une spirale en vortex mythique, et des baies violettes qui fondent en textures sensuelles.
Inspirée par l’impressionnisme contemporain et les philosophies du changement perpétuel, cette série n’est pas une simple représentation du monde naturel, mais une invitation à métamorphoser notre regard. Ici, la lumière dorée perce les ombres bleues d’une forêt cathédrale, un pavillon blanc émerge d’un double exposition onirique, et des troncs noirs se dressent sur un champ vert éclatant, rappelant que rien n’est figé – tout coule, tout se transforme.
Exposée fin mars 2026 à la Galerie du Montparnasse, Fluxus Natura célèbre l’énergie transitoire de la nature, du rouge passionné au jaune solaire, en passant par le violet mystique. Une œuvre qui ne se contente pas d’être vue, mais qui se vit, comme un rêve éveillé où le spectateur devient partie intégrante du flux.
Liquid Nights
Cette série photographique plonge l’œil au cœur de l’effervescence urbaine, capturée à la faveur de la nuit. Les passants, emmitouflés ou abrités sous leurs parapluies, deviennent des silhouettes énigmatiques, souvent saisies dans un flou dynamique qui souligne l’urgence de leur marche. Ils traversent des lieux emblématiques, de la solitude des arcades aux perspectives grandioses dominées par l’architecture classique ou l’Obélisque. C’est une ode à la mélancolie vibrante des nuits pluvieuses, où le tumulte de la ville ne s’éteint jamais, mais se pare d’une beauté dramatique et intensément réfléchissante.









































































































































































































