Une série photographique qui regarde la mode comme on regarde un fantôme.
Ici, les silhouettes ne défilent plus : elles flottent. Elles traversent les tissus, les murs, les saisons, comme si le vêtement n’était plus une seconde peau mais une mémoire translucide. Chaque image est une superposition, un palimpseste où le corps présent dialogue avec son propre souvenir, où l’élégance d’aujourd’hui se dissout dans l’ombre de celle d’hier.
My Vogue n’est pas seulement une référence à Vogue ; c’est l’idée d’un héritage qui se transmet en s’effaçant. Les robes couture, les tailleurs impeccables, les accessoires iconiques sont là, mais rendus légers, presque liquides, comme si la mode elle-même doutait de sa propre matérialité. Ce qui reste, c’est la posture, le regard, la ligne d’une épaule – tout ce qui survit quand le temps a fini son œuvre.
Entre street style et apparition, entre réalité et rémanence, My Vogue capture l’instant où la mode devient mythologie personnelle : un héritée, réinventée, déjà en train de disparaître.
Une ode mélancolique et magnétique à celles qui portent le passé sur leurs épaules, tout en marchant résolument vers l’avenir. Un vestiaire hanté, infiniment vivant.

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Hong Kong Eyes n’est pas une observation, c’est une collision. Cette série en noir et blanc radical explore l’énergie brute d’une métropole qui condense en quelques kilomètres carrés l’histoire entière de la verticalité asiatique — de l’ancien archipel de pêcheurs à la capitale financière mondiale.
 Dans la lignée de Daido Moriyama et Fan Ho, je travaille un noir et blanc saturé, presque argentique, où le grain, le flou et les contrastes extrêmes deviennent une grammaire visuelle. Les câbles électriques lacèrent le ciel comme des calligraphies, les néons sculptent les visages, et chaque imperfection de la rue devient un haïku inscrit dans le béton.
 Au cœur de ce chaos urbain, la série traque l’humain à vif : regards volés, gestes suspendus, vies minuscules qui persistent entre les tong lau décrépits et les tours de verre. De Central à Mong Kok, de Wan Chai à Sham Shui Po, Hong Kong Eyes documente un monde en mutation permanente — archive émotionnelle d’une ville qui refuse de s’effacer, témoignage brut de la résilience urbaine contemporaine.

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Dans l’ombre dansante des forêts oubliées, la série Fluxus Natura  invite à une immersion sensorielle où le temps se dissout et la nature se révèle en perpétuel mouvement. À travers ces photographies abstraites, capturées avec un flou intentionnel qui transforme le banal en poésie visuelle, l’artiste explore les flux invisibles de la vie : feuilles rouges qui cascadent comme des souvenirs effacés, palmiers verts qui ondulent tel un souffle vital, une spirale en vortex mythique, et des baies violettes qui fondent en textures sensuelles.
Inspirée par l’impressionnisme contemporain et les philosophies du changement perpétuel, cette série n’est pas une simple représentation du monde naturel, mais une invitation à métamorphoser notre regard. Ici, la lumière dorée perce les ombres bleues d’une forêt cathédrale, un pavillon blanc émerge d’un double exposition onirique, et des troncs noirs se dressent sur un champ vert éclatant, rappelant que rien n’est figé – tout coule, tout se transforme.
Exposée fin mars 2026 à la Galerie du Montparnasse, Fluxus Natura célèbre l’énergie transitoire de la nature, du rouge passionné au jaune solaire, en passant par le violet mystique. Une œuvre qui ne se contente pas d’être vue, mais qui se vit, comme un rêve éveillé où le spectateur devient partie intégrante du flux.

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Ce n’est pas le Paris de carte postale. Ce n’est pas la Ville Lumière qui scintille pour les touristes émerveillés. Ce début janvier, sous une tempête de neige inattendue, Paris s’est transformée en une estampe japonaise brutale, un territoire de contraste pur où l’esthétique Are-Bure-Boke – le grain, le flou, la matière floue – a trouvé son terrain de jeu idéal.

Quand la neige tombe sur Paris, elle a d’habitude cette vertu d’adoucir les angles, de feutrer les sons, de transformer la capitale en un tableau romantique. Mais ce jour-là, à travers l’objectif, j’ai cherché l’inverse. J’ai cherché le grain, le flou et la matière rugueuse. J’ai voulu capturer non pas la beauté délicate du flocon, mais la morsure du froid et la solitude graphique qu’il impose. Le ciel n’est plus un vide innocent : il devient une matière blanche, dense, granuleuse, qui écrase les silhouettes et dévore les perspectives.

La ville s’est métamorphosée en un dessin à l’encre de Chine : Suie et Craie. Sur les ponts, les structures métalliques ne sont plus que des squelettes noirs se détachant sur le néant blanc. Sur les quais, les arbres dénudés deviennent des calligraphies abstraites. Le paysage urbain perd sa profondeur familière pour devenir une surface plane, agressive et fascinante. Paris bascule dans une dimension graphique où seuls subsistent le noir et le blanc, le plein et le vide, la présence et l’absence.

Dans les parcs et sur les boulevards, les promeneurs deviennent des ombres anonymes, des silhouettes fantomatiques avalées par la tempête. Le grain de l’image se mélange aux flocons qui tombent, créant une texture unique, presque tactile. On ne regarde pas une photographie lisse et léchée : on regarde une matière vivante, vibrante, brute. C’est une photographie que l’on peut presque toucher. On sent le crissement des pas sur le sol gelé, le grésillement de l’air glacé, la rugosité du froid qui mord la peau.

Cette série n’est pas un reportage météorologique, ni une célébration romantique de l’hiver parisien. C’est une exploration graphique radicale. C’est le refus de la beauté facile au profit d’une esthétique du chaos maîtrisé. En embrassant le grain, le flou et la matière floue de l’approche Are-Bure-Boke, j’ai cherché à révéler un Paris autre – un Paris que même les parisiens reconnaissent à peine, un Paris dépouillé de ses artifices, réduit à son squelette graphique.

Ce portfolio de janvier est la preuve que même une ville aussi photographiée que Paris peut encore révéler une part d’ombre et de mystère, pour peu qu’on accepte de la regarder à travers le prisme du chaos, du grain et du flou. Paris n’était pas blanche ce jour-là. Elle n’était pas douce. Elle était Are-Bure-Boke : rugueuse, floue, vivante. Elle était Suie et Craie.

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Cette série photographique plonge l’œil au cœur de l’effervescence urbaine, capturée à la faveur de la nuitLes passants, emmitouflés ou abrités sous leurs parapluies, deviennent des silhouettes énigmatiques, souvent saisies dans un flou dynamique qui souligne l’urgence de leur marche. Ils traversent des lieux emblématiques, de la solitude des arcades aux perspectives grandioses dominées par l’architecture classique ou l’Obélisque. C’est une ode à la mélancolie vibrante des nuits pluvieuses, où le tumulte de la ville ne s’éteint jamais, mais se pare d’une beauté dramatique et intensément réfléchissante.

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